Technique chouette cheveche

Sur cette page, retrouvez toute l’installation du nichoir à chouette chevêche. En bas de page, accédez aux pages techniques des autres nichoirs.

Raccourcis vers :

NichoirCaméraDiffusion en direct

Dernière mise à jour le

à Les Herbiers (85)

Le premier nichoir et ses évolutions

Depuis plus de 20 ans, des couples de chouettes chevêches se succèdent dans l’enchevêtrement des poutres de la charpente de notre vieille grange. Dès les premières lueurs du jour et en soirée, on peut facilement les observer autant qu’elles nous observent …
Après avoir rejointoyé les murs de cette vieille grange, nous avons décidé début 2023 de fabriquer un nichoir à la fois pratique et discret, à proximité immédiate de leur poste d’observation favori. Le débord du toit de la grange offrait l’opportunité de construire une structure simple, à l’abri des vents dominants et de la pluie.
Après quelques heures de bricolage pour réaliser cet habitat sur mesure, nos pensionnaires allaient finalement pouvoir adopter un abri comprenant un couloir d’accès et une chambre de nidification.

Pour notre plus grand bonheur, l’attente n’a pas été bien longue … Dans les jours qui ont suivi, le nichoir a été visité puis rapidement adopté. Et dès le printemps 2023, grâce à l’utilisation d’une caméra de chasse, nous avons pu observer une première couvée.

Mais lors de la saison suivante, en 2024, la caméra de chasse nous a révélé la visite d’une fouine qui a prédaté la nouvelle nichée de l’année … Grimper le mur de pierres grâce à ses aspérités n’a été qu’une formalité pour le prédateur, et franchir le sas d’accès s’est avéré trop facile.
Pendant l’hiver 2024-2025, le nichoir est donc modifié pour lui ajouter un sas d’accès à chicane, inspiré de diverses réalisations proposées par des passionnés suisses et néerlandais. Le respect des dimensions recommandées pour la partie sas est important pour minimiser les risques de prédation par la fouine. En effet, son corps allongé ne lui permet pas de passer la chicane.

Par la même occasion, une caméra connectée à l’intérieur du nichoir et deux autres à l’extérieur ont été ajoutées pour pouvoir observer en temps réel le comportement passionnant de ces chouettes si attachantes.
La modification de leur nichoir n’a pas rebuté le couple de chevêches, qui se sont très rapidement adaptées à la nouvelle configuration des lieux, et qui ont donné naissance au printemps 2025 à une nouvelle couvée de 5 chouettons.

Mais au début de l’hiver 2025-2026, un nouveau couple s’est formé après que la femelle du couple précédent soit morte d’épuisement en juin 2025. Et ce nouveau couple ainsi constitué nous oblige à modifier à nouveau l’accès au nichoir car l’un des deux partenaires n’a qu’une seule patte, ce qui lui rend le franchissement du sas à chicane extrêmement difficile. La chicane a donc été repensée pour permettre un accès de plain-pied au nichoir. Mais aucune certitude sur la difficulté que cette nouvelle chicane poserait à une fouine en cas de visite …

Le temps de la découverte passé, le franchissement de cette nouvelle chicane pose moins de problèmes à cette chouette handicapée.

Réalisation d’un second nichoir

Les travaux d’aménagement que nous prévoyons de réaliser en 2026 dans la grange vont nécessairement déranger les chevêches. Pour leur donner une chance de continuer à nicher tranquillement sur le site, nous décidons pendant l’hiver 2025-2026 de réaliser un second nichoir pour l’installer dans un vieux chêne situé à une trentaine de mètres de la grange.
Pour pouvoir accueillir la chouette handicapée, ce nouveau nichoir dispose de la dernière version du sas à chicane, accessible de plain-pied. Il intègre aussi une caméra intérieure et un éclairage complémentaire jour/nuit à commutation automatique pour améliorer la qualité du signal vidéo.
Réalisé principalement en planches de chêne de récupération, il est protégé de la pluie par une tôle en acier galvanisé.

L’espace disponible au-dessus du sas à chicane est utilisé pour loger les mêmes équipements que pour le nichoir #1 (voir rubrique « caméra » ci-dessous) puisque ce second nichoir est aussi raccordé à l’habitation par un autre câble PoE (Power over Ethernet). Un module de conversion 48 volts -> 12 volts est ajouté à l’ensemble pour l’alimentation de l’éclairage jour/nuit. Une prise PoE en façade du nichoir permet un raccordement aisé d’une seconde caméra (extérieure) dirigée vers l’entrée du nichoir.
Le bloc sas chicane peut être facilement extrait du nichoir pour faciliter la maintenance des équipements en cas de besoin.

Eclairage intérieur jour/nuit automatique

Objectifs

L’intérieur des nichoirs fabriqués par l’homme est souvent relativement sombre, au mieux faiblement éclairé de la lumière du jour par le trou d’envol, le couloir ou le sas d’accès. Bien que les caméras disponibles sur le marché prétendent fonctionner avec un très faible niveau de luminosité, la qualité du signal vidéo produit à ces faibles niveaux d’éclairement est généralement décevante, produisant une image très bruitée et floue, notamment en cas de mouvement, ou encore avec des zones surexposées et d’autres sous-exposées. Et cela peut être vrai à la fois en journée et aussi parfois avec l’éclairage infra-rouge produit par la caméra pour le mode nuit.

La réalisation proposée a pour objectif de rehausser le niveau de luminosité à l’intérieur du nichoir et de le répartir de manière homogène, en produisant une lumière visible en journée, mais sans excès, et un éclairage infra-rouge complémentaire à celui des caméras pendant la nuit, avec des transitions jour/nuit/jour totalement automatiques et graduelles, asservies à l’arrivée de l’aube et du crépuscule.

Le retour d’expérience montre que les oiseaux nicheurs ne sont pas perturbés par ce dispositif dès lors que la lumière artificielle ainsi générée reste peu intense, proche des niveaux d’éclairement constatés dans les lieux de nidification naturels de ces oiseaux.

Architecture

La réalisation comporte un panneau lumineux constitué de diodes d’émission lumineuse (LED) blanches et de diodes d’émission lumineuse infra-rouge, logées derrière une vitre translucide, et un petit module électronique de commande. Le module de commande peut être séparé ou intégré dans le panneau lumineux.

Les transitions jour/nuit se font de manière progressive et synchrone avec l’aube et le crépuscule grâce à l’utilisation d’une photorésistance (composant électronique dont la résistance varie en fonction de l’éclairement auquel il est soumis). Cette photorésistance est localisée à l’extérieur du nichoir via un petit câble de liaison si le module de commande est intégré au panneau lumineux, ou elle peut être intégrée au boîtier de commande si celui-ci est extérieur au nichoir – cette photorésistance doit évidemment être exposée à la lumière du jour. Le boîtier est alors relié au panneau intégré dans le nichoir par un câble de liaison.

L’ensemble est alimenté par une source de tension de 12 volts (courant continu) environ. Cette source de tension peut être un adaptateur secteur, une batterie rechargée par panneau solaire, ou elle peut être prélevée à partir de la tension de 48 volts disponible dans le cas d’une alimentation par PoE (Power over Ethernet) des caméras avec un convertisseur 48 volts => 12 volts.

Réalisation

L’éclairement produit par les LEDs est rendu progressif/dégressif pendant les transitions jour/nuit par l’utilisation d’un hacheur à 400Hz dont le rapport cyclique peut être modulé de presque 0% à 100% en fonction de la valeur de la photorésistance. C’est donc un système de modulation à largeur d’impulsion (PWM), et la période du signal modulant ce PWM est donc de 24 heures (cycle d’éclairement jour/nuit).

Ce hacheur est réalisé en utilisant un boîtier double multivibrateur monostable redéclenchable (MC14538B ou équivalent) en technologie CMOS pour limiter la consommation totale et supporter les variations de la tension d’alimentation en cas d’utilisation d’une batterie.

Le premier des deux monostables utilise un rebouclage de sa sortie inversée via un réseau « différentiateur » et un transistor pour générer une impulsion sur son entrée, en court-circuitant le condensateur de 470 pF, ce qui transforme ce monostable en multivibrateur astable dont la période de cycle (environ 2,5 ms, soit une fréquence de 400Hz) est déterminée par le réseau Rx/Cx raccordé à la broche 2. La diode 1N4148 branchée aussi sur la sortie inversée assure une bonne condition de démarrage du système oscillant à la mise sous tension.

Le second des deux monostables, déclenché par le front montant du signal issu du premier, voit le rapport cyclique de ses sorties varier de manière opposée grâce à l’utilisation d’une photorésistance dont l’excursion de variation (de qq centaines d’Ohm à plusieurs MOhm en fonction de l’éclairement) est limitée par son inclusion dans un dipôle avec une résistance série et une autre parallèle.

Quand l’éclairement extérieur mesuré par la photorésistance est élevé, la résistance du dipôle est faible et le condensateur Cx de 33 nF se charge très rapidement. Seule une petite impulsion positive (~ 10 µs) est générée en sortie avant que la sortie S1 ne redescende à l’état bas. La sortie S2 est donc en quasi-permanence (99,5% du temps) à l’état haut (éclairement diurne actif).

Quand l’éclairement extérieur est faible (nuit), le second monostable est redéclenché par l’impulsion d’entrée, sans être revenu à son état initial, ce qui maintient la sortie S1 à l’état haut en permanence (infrarouge actif).
Le courant circulant dans les LEDs est limité par les étages de sortie qui pilotent ces LEDs. Cette limite fixe l’éclairement maximum des LEDs lorsqu’elles sont activées.

Les résistances Rimax en série avec les LEDs déterminent le courant max dans les LEDs par la formule Imax = 0,6/R . Pour un éclairage plus puissant on peut mettre en parallèle plusieurs réseaux de 4 LEDs identiques en faisant attention à la puissance dissipée dans le transistor qui pilote les LEDs (le changer par une référence dissipant plus de puissance si besoin) et en ajustant la valeur de la résistance Rimax en fonction du courant total parcourant toutes les branches parallèles.

Notes :

  1. Le courant circulant dans les LED est ajusté pour être significativement plus important (80 à 100 mA) pour les LEDs infra-rouges (de longueur d’onde 950 nm – ex. TSUS5400 de VISHAY) que pour les LEDs blanches (10 à 20 mA).
  2. La tension de seuil des LEDs blanches est généralement de l’ordre de 2,1 volts, ce qui ne permet de mettre que 4 diodes en série par branche. Dans notre réalisation, 4 branches sont donc montées en parallèle.
  3. La tension de seuil des LEDs infra-rouges est généralement de l’ordre de 1, 2 volts, ce qui permet de mettre jusqu’à 7 ou 8 LEDs en série dans une seule branche, suffisante pour l’éclairement du nichoir.
  4. Deux prototypages différents ont été réalisés avec des composants de récupération, en particulier les LEDs blanches provenant d’ampoules LEDs en « panne » .

Eclairage infra-rouge bas coût.

Pour éclairer de nuit à moindre frais une petite zone, par exemple l’entrée d’un nichoir, il est possible de se fabriquer soi-même un petit projecteur en utilisant quelques LEDs infrarouges reliées l’une à l’autre en série selon le schéma suivant :

La tension de seuil mesurée des LEDs est d’environ 1,31 volts @ 100 mA. Il convient donc d’en mettre 8 en série pour une tension de seuil totale de 10,5 volts. En ajourant une résistance série de 33 Ohm / ½ Watt pour limiter le courant, on peut alimenter ce petit réseau à partir d’une batterie de 12 volts dont la variation de tension peut être absorbée sans problème, ou de toute autre source de tension 12 volts:
• Si tension d’alimentation = 12 volts, alors le courant est de 54 mA
• Si tension d’alimentation = 14 volts, alors le courant est de 97 mA

Dans tous les cas le courant est inférieur au courant maximum toléré par les LEDs (150 mA).

Exemple de réalisation « maison » – l’inclinaison des LEDs permet de diriger le faisceau lumineux de la manière souhaitée.

Photos

Cet éclairage peut rester alimenté 24h/24 car il ne perturbe pas la vision de jour.

à Les Herbiers (85)

L’observation du nichoir #1 est faite grâce à 3 caméras, une placée à l’intérieur et les deux autres dans la charpente de la grange, dirigées vers les postes d’observations favoris des chouettes.
Le nichoir #2 est équipé d’une caméra intérieure et d’une caméra extérieure.

Caractéristique du modèle de caméra utilisé :

• Marque : Green-Backyard (vendue en direct sur leur site, expédiée de Pologne avec délai de livraison de quelques jours)
• Modèle : 4921-16
• Dimensions réduites (46x46x43mm)
• Raccordement : filaire (Ethernet – Cable de 20 mètres fourni)
• Alimentation : PoE (injecteur PoE 48 volts – 0,5 Ampère fourni)
• Enregistrement : par carte micro-SD (non fournie) à insérer dans la caméra
• Eclairage infra-rouge inclus pour vision nocturne
• Réglage possible de la profondeur de champ. C’est utile pour optimiser la zone de vision nette dans la profondeur du nichoir, mais une observation attentive montre que cette profondeur de champ est différente en mode jour et en mode nuit à cause de l’activation du filtre anti-infrarouges en mode jour. Il faut donc ajuster le réglage en cherchant le meilleur compromis.

Raccordement :

La grange, qui n’est pas raccordée au réseau électrique, est située à quelques dizaines de mètres de l’habitation qui dispose d’un accès internet par fibre. Le raccordement des trois caméras est réalisé via un boîtier de raccordement installé dans la grange qui contient :
• un séparateur/injecteur PoE, référence « YAODHAOD POE Injector 100 mégaoctets »
• un convertisseur/abaisseur de tension 48V  5V – 3A
• un switch Ethernet D-Link GO-SW-5E Switch 5 Ports Ethernet 10/100mbps

Tous ces équipements sont disponibles sur Amazon.
L’injection de courant (PoE) se fait avec le bloc PoE de la caméra dans la maison d’habitation, et un câble Ethernet Cat6 transportant les données IP et l’alimentation 48 Volt PoE est installé en aérien entre la maison et la grange.

L’injecteur PoE YAODHAOD intégré dans le boîtier de raccordement de la grange, représenté en jaune pâle dans le schéma de raccordement, sert à la fois à :
• extraire l’alimentation PoE en provenance de la maison pour (i) que le switch Ethernet ne voie pas d’alimentation PoE à son entrée Ethernet et (ii) que la tension de 48V soit disponible et réutilisée pour créer la tension de 5V nécessaire au fonctionnement du switch Ethernet
• réinjecter cette tension de 48V dans les lignes PoE vers les 3 caméras
La puissance fournie par l’injecteur PoE (24 Watt) est suffisante pour alimenter ces 3 caméras, ainsi que le switch Ethernet et même un module d’éclairage infra-rouge complémentaire de « fabrication maison ».
Pour minimiser les pertes en ligne et prolonger la durée de vie de l’installation, il est important de vérifier que tous les fils des prises RJ-45 sont correctement sertis/raccordés, en particulier les 2 paires qui servent à véhiculer l’alimentation PoE de 48 volts.

L’encodage des vidéos en direct vers YouTube se fait grâce à un serveur « maison », vous pouvez lire toutes les informations de cette technique en cliquant ici.

Voir les installations techniques des nichoirs :

En savoir plus à propos de la chouette chevêche et de ses nids connectés :

Retour en haut
Copyright © 2007-2026 ∙ Les Faucons de Théding → Nidoscope | Réalisation Cyril BOUR