Sur cette page, retrouvez toutes les informations à propos de la chouette chevêche. En bas de page, accédez aux fiches des autres oiseaux.
Raccourcis vers :
| Classification | Description | Dimorphisme sexuel |
| Chant/cris | Alimentation | Répartition |
| Nidification | Comment l’aider à nicher | Anecdotes d’observations |
Fiche rédigée par Jean-Claude SACHOT.
Dernière mise à jour le
Classification
Nom commun : Chevêche d’Athéna (Chouette chevêche)
Nom scientifique : Athene noctua
Famille : Strigidae
Ordre : Strigiformes (Strigiformes)
Description
La chevêche d’Athéna est un rapace nocturne de petite taille, environ 22 cm, similaire à celle d’un merle. C’est la plus diurne des rapaces nocturnes puisqu’on peut longuement l’observer en matinée et en soirée, et même parfois dans la journée.
De forme ronde et d’apparence trapue, elle a un plumage de couleur brun roux, ponctué de taches crème, à l’exception de sa gorge claire, bien visible lorsque l’oiseau est dressé sur ses pattes.
Sa tête est aplatie avec un front bas. L’iris de ses yeux est jaune, entouré d’un fin liseré noir. Les yeux sont entourés d’une épaisse collerette blanche (le masque facial), ce qui lui donne un air sévère. Son bec crochu, typique des rapaces, est jaune verdâtre. Son crâne est piqueté de taches plus petites que sur le reste du plumage. A l’arrière de la nuque, elle présente un V blanchâtre qui évoque le disque facial, pouvant laisser à penser qu’elle nous observe alors même qu’elle tourne la tête. Sa queue est courte et ses pattes, de couleur beige-clair, sont couvertes de petites plumes duveteuses blanches.
Lorsqu’elle observe attentivement les environs, les mouvements horizontaux de grande amplitude de sa tête sont caractéristiques de l’espèce, de même que la vivacité de ses mouvements. En vol, elle a une envergure qui peut atteindre 60cm.
Adulte, la chevêche d’Athéna pèse entre 180 et 200g. Les jeunes de l’année atteignent en moins de trois mois la même taille que les adultes, mais ils sont aisément reconnaissables grâce au duvet gris sur leur tête et leur poitrail, les rendant plus ternes que les adultes.
Elle est sédentaire, restant présente toute l’année sur son territoire, et les couples restent unis jusqu’à ce que la disparition de l’un d’eux les sépare.
Taille : environ 22 cm
Envergure : entre 50 cm et 60 cm
Poids : 180 g pour le mâle, 200 g pour la femelle
Dimorphisme sexuel
Il n’est pas possible de différencier le mâle de la femelle grâce à leur plumage.
Lorsqu’ils sont côte à côte, on observe généralement que le mâle possède une face plus blanche, et qu’il est plus petit que la femelle (respectivement 180 g contre 200 g).
Chant/cris
La chevêche d’Athéna a un vocabulaire plutôt riche puisqu’elle peut produire vingt-deux cris et chants différents. Les plus typiques sont poussés au printemps, pendant la saison des amours, comme le « wiou », un cri habituel bitonal puissant qui fait office d’avertissement ou d’alarme en cas d’intrusion.
Appel du mâle :
Cris d’appel n°1 :
Cris d’appel n°2 :
Papouilles et toilettage :
Offrande nourriture par le mâle à la femelle :
Femelle couve et quémande de la nourriture au mâle :
Les œufs piaillent avant les éclosions :
Femelle couve, et un poussin :
Poussins appelant dans nichoir :
Alimentation
La Chevêche d’Athéna chasse surtout au crépuscule et en première partie de nuit. Bien qu’elle soit assez diurne, elle ne chasse pas de jour.
Son régime alimentaire varie en fonction des habitats et au cours des saisons. Il est principalement composé de 4 catégories : les petits mammifères, les oiseaux, les insectes (y compris à l’état larvaire) et les lombrics. Lorsque la saison est propice, campagnols, musaraignes et autres petits mammifères peuvent représenter jusqu’à 70 ou 80% de son alimentation, complétés par des proies plus petites, telles les reptiles (lézards) ou les insectes. Mais ces proportions peuvent grandement varier en fonction de la zone géographique et de la saison.
La chevêche d’Athéna a besoin de 50 à 80 g de nourriture par jour. Comme elle ingère ses proies en totalité, son organisme opère une sélection naturelle durant la digestion, sélection qui se traduit par le rejet de petites pelotes de 2 ou 3 centimètres, contenant les éléments non comestibles (os, poils, etc.). Ce sont les pelotes de réjection.
Répartition
Classées en 13 sous-espèces différentes en relation avec leur aire de répartition, la chevêche d’Athéna est présente sur l’ensemble des continents Europe et Asie, ainsi qu’en Afrique du Nord.
Nidification
La chevêche d’Athéna peut nidifier et se reproduire dans des lieux très variés : troncs d’arbres creux, en particulier dans les vergers et les haies arborées longeant les prairies en zone bocagère, charpentes et toits de granges ouvertes, diverses habitations, falaises et blocs rocheux, parfois directement au sol, et bien évidemment dans les nichoirs faits de la main de l’homme.
Pour la nidification, les chevêches y logent de février à mai, mais si le lieu de nidification est confortable et bien situé, à l’abri des intempéries, on peut les y observer aussi pendant toute la saison hivernale.
Nombre d’œufs : la ponte, de 2 à 5 œufs blancs, a lieu en avril/mai.
Incubation : de 28 à 33 jours, assurée par la femelle seule. Elle peut commencer dès le premier œuf pondu, mais la femelle peut aussi attendre la ponte de l’avant dernier ou du dernier avant de commencer à couver. Pendant ce temps, le mâle assure le nourrissage. Certains œufs peuvent ne pas éclore pour diverses raisons : prédation, abandon de nid, œufs non fécondés, défaut de couvaison… .
Naissances : selon que l’incubation démarre dès le premier œuf pondu ou autour du dernier, les éclosions se succèdent à intervalles régulier (environ tous les deux jours) ou rapidement, en 24 heures environ. Ainsi, pour une nichée de 5 œufs, il peut y avoir un décalage d’environ 10 jours entre le premier et le dernier né, ou bien d’une journée seulement. Si décalage important il y a, il réduit souvent les chances de survie des plus jeunes, qui peinent à rivaliser avec leurs aînés pour la nourriture.
Les jeunes sont nourris par la femelle pendant les deux premières semaines, le mâle pourvoyant à l’apport de nourriture. Au bout de 2 semaines environ, la femelle sort de plus en plus souvent pour aller chasser. Les jeunes commencent à pouvoir dépecer tout seuls les proies apportées au nid.
Envol : les chouettons chevêche ne sont généralement pas capables de voler au moment où ils quittent leur nid à partir de 5 semaines, mais parfois dès l’âge de 4 semaines et souvent par suite d’une chute pour les plus précoces. Heureusement, leur faible poids et leurs ailes suffisamment développées permettent d’amortir la descente vers le sol. On les retrouve alors à terre, blottis au pied du tronc d’arbre qui les a vu naître, essayant de se mettre à l’abri des prédateurs. Il leur faut alors encore une bonne semaine de croissance pour être capable de réellement voler et de remonter vers les hauteurs du nichoir.

Mais les parents ne les abandonnent pas pendant cette période critique de leur vie et continuent de pourvoir à leur alimentation pendant encore de longues semaines.
Pas besoin de leur venir en aide donc, mais pour augmenter leurs chances de survie, il est recommandé de mettre en place par anticipation un abri au sol, au pied de leur lieu de nidification, pour que les chouettons puissent s’y réfugier à tout moment. Les parents se chargeront du reste !
Exemple d’abri avec sas à chicane :



Les jeunes de l’année seront à même de s’accoupler dès la prochaine saison de reproduction.
Comment l’aider à nicher
Vous pouvez installer un nichoir adapté à l’espèce comme décrit dans la partie technique, avec un trou d’ouverture de diamètre 70mm à l’abri des pluies et vents dominants, donc généralement orienté vers l’est. Une chambre de nidification de 25 (l) x 30 (P) x 25 (H) cm est largement suffisante – les cavités dans les vieux arbres ou les vieux murs n’offrent généralement pas autant de confort ! Le plancher de cette chambre de nidification sera couvert d’un substrat tel que des copeaux de bois (broyures de végétaux) préalablement séchés. S’assurer aussi d’un minimum de ventilation – à cet égard des assemblages pas parfaitement jointifs font très bien l’affaire et permettent aux chouettes d’observer de l’intérieur ce qui se passe à l’extérieur ! Il faut aussi doter ce nichoir d’une trappe de visite pour le nettoyage annuel.
Il existe différentes solutions pour éviter que ce nichoir puisse être prédaté par les fouines et autres mustélidés : sas à chicane, tuyau d’accès incliné de longueur et diamètre suffisant, suspentes filaires (quand le nichoir est accroché à une branche) … Pour augmenter vos chances d’adoption, repérez au préalable le ou les postes d’observation favoris de l’individu ou du couple et installez ce nichoir à proximité immédiate de telle sorte qu’il soit rapidement visité.
Réalisez cette installation dès la fin de l’été de telle sorte que les jeunes de l’année en quête d’un endroit où s’installer puissent le trouver, ou au plus tard au tout début de l’année pour les couples existants sédentaires que vous voudriez aider à déménager.
Éviter tout dérangement pendant la reproduction.
Préserver les prairies et zones de chasse autour du site (éviter les traitements chimiques).
Anecdotes grâce aux observations par caméra
Entre 48h et 24h avant l’éclosion, les poussins commencent à piailler dans l’œuf. C’est le moyen pour eux de se coordonner et de s’orienter pour l’éclosion, de communiquer avec leur mère, de commencer à tisser des liens avec leurs frères et sœurs et d’annoncer leur venue et signaler leur besoin imminent de nourriture. Mais la mère peut s’avérer surprise par un tel vacarme comme on peut le voir dans cette vidéo (régler le volume sonore assez fort) : https://youtu.be/foAcbLJ7z2Y
Dans leur quête de nourriture pour les petits becs affamés, les parents apportent au nichoir tout ce qu’ils peuvent trouver et qui peut être éventuellement mangé par une chouette adulte. Mais ce n’est pas toujours le bon choix pour des chouettons tout juste nés, comme en témoigne cette vidéo d’incompétence paternelle (activer les sous-titres) : 19 Mai 2025 – Nourrissage : Incompétence paternelle …
Positionner une caméra assez près du plancher du nichoir offre l’avantage de mieux voir ce qui s’y passe, mais il faut prévoir un moyen d’y accéder en cas d’imprévu. Et l’imprévu n’est pas toujours la panne technique !!! La preuve par la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=WnWIOF72ApA
Le sas à chicane décrit dans la partie technique est destiné à prévenir la prédation par la fouine. Mais il semble poser problème pour le nourrissage d’une couvée nombreuse quand la nourriture est rare. En effet, les chouettons les plus développés se positionnent dès qu’ils le peuvent dans le sas et récupèrent en premier la nourriture apportée par les parents, au détriment des plus faibles, et cela malgré l’effort de la femelle pour forcer le passage – le mâle n’essaie même pas et donne au premier bec venu … https://youtu.be/qMBPLfRCBTY
Autre
Voir les fiches des autres espèces :

